
Les cloches de l’ église carillonnent tristement dans cet après-midi d’automne pour
rassembler tous ces anonymes venus à cet endroit pour une même raison, dire au
revoir à un ami.
Lui il est là, impassible, il les attend, qu’en serait-il autrement puisque l’éternité a figé
son corps à jamais alors qu’il avait encore tant de choses à faire, tant d’amour à don-
ner aux siens. A 62 ans il nous reste encore un tiers disait-on en riant, et encore nous
n’aurons pas le temps pour tout faire !!
Fini de rire, tout a changé , une vie de famille à basculé parce que Madame La Maladie
a décidé que c’est elle qui triompherait, ha ! Elle n’a pas a en être fière cette foutu
femme !
Alors à quoi sert tous ces psaumes, ces chants puisqu’il ne les entend pas ? J’ai
l’impression que cette résonnance à mon oreille ne sert à rien, quelle ne vient que trou-
bler la quiètude de ce lieu. Peut-être qu’avec l’âge je n’arrive plus à discerner s’il y a
un au-delà. L’emprise du temps à combattu mes doctrices enfantines.
L’au-revoir à sa dernière demeure me paraît plus intime malgré la foule.
Le recueillement et le silence aident ma mémoire à retrouver le son de sa voix joyeuse.
Les gens s’éparpillent,
Les fleurs s’étalent sur un rectangle bien défini,
Au revoir, a bientôt, et oui la vie continue,
Tu le sais bien, toi aussi tu le disais dans ces moments là......